EMBRUNMAN

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il y a 3 mois 6 jours #13534 par lionel_B
Réponse de lionel_B sur le sujet EMBRUNMAN
Bravo bonne recup

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il y a 3 mois 1 jour - il y a 3 mois 1 jour #13544 par david
Réponse de david sur le sujet EMBRUNMAN
Si vous avez 10 minutes devant vous, mon "petit" compte rendu comme promis.

L’Embrunman 2022 commence en décembre 2020 en ce qui me concerne à l’occasion d’un post de Judge Briss informant de son inscription à la 37ème édition, le 15 août 2021. Ça fait tellement longtemps que cette course me trotte dans la tête et, qu’aidé par les effets de substances à base de houblon et de sulfites, je me connecte sur « le mythe » (ça, c’est pour se la péter car l’appellation « Gérald Iacono Trophy » qui apparaît maintenant est beaucoup moins sexy) et m’inscris. Une blessure qui traîne et qui ne se guérit pas aura malheureusement raison de mon envie et je dois donc envisager de reporter ma participation à 2022. Les retours d’expérience des Embrun(wo)man 2021 m’encouragent fortement à le faire en plus.

Ne conciliant la participation à un format XXL qu’avec la possibilité de vacances en famille (Laetitia ma compagne, Jeanne et Aïnhoa mes filles), une fois le projet (que j’ai trop bien vendu une 2ème fois) validé par Madame, c’est avec beaucoup d’enthousiasme et de motivation que j’entame la préparation « XXl montagneux » proposée par Arnaud Constans. Avec le recul, je me dis que j’ai bien fait de ne pas trop regarder dans le détail de quoi elle était composée car elle représente vraiment la première difficulté de cette course. Des semaines en rouge à 18-19h00, d’autres en orange à 14-15h00 et des vertes à 9-10h00 ! Bref, c’est dur voire très dur mais ça se passe super bien, mon p’tit corps tient le choc et je ne me suis jamais senti aussi bien physiquement. Je ne serais pas sans ressentir une certaine lassitude en fin de prépa, j’en ai marre de grimper pour la énième fois la fosse aux loups, la voie romaine de Kergreis, Pont Christ, etc., etc., etc. Je suis Local Legend à peu près partout où je peux l’être mais ça commence à être pénible d’être seul et de faire souvent la même chose. Heureusement, le fait de partir en vacances quinze jours avant l’échéance me permet de découvrir à vélo des routes que je ne connaissais pas jusqu’à présent et me donne un coup de boost pour finir le job.

L’arrivée à Embrun se fait le 13 août, deux jours avant la course. Ce n’est pas l’idéal mais c’est ainsi. Avec le déblocage du dimanche 14, je vais reconnaître les premiers kilomètres après la sortie de l’eau. Pour le reste du parcours, ce sera une découverte le jour J, même pas peur ! De toute façon, je sais que ça va être dur pour le grimpeur né que je suis ! A la récupération du dossard, la pression commence à monter et ça se poursuit avec le dépôt du vélo au parc et le briefing d’avant course. J’y retrouve Gilles Le Goff, ancien dauphin et toujours Guipavasien. Un petit message de ma montre m’informe que je semble inhabituellement stressé, c’est beau la technologie ! Le stress monte d’un cran encore quand l’un des organisateurs nous informe que la combinaison de natation sera interdite le lendemain (petite pensée pour Lolo). Heureusement, il s’est planté et un gros ouf de soulagement s’entend autour de nous.Lundi 15 août, réveil à 3h00 et départ à 4h10 du gîte (après déjà deux passages aux toilettes pour faire autre chose que pipi) pour 20 minutes à pied afin de rejoindre le parc. Drôle d’ambiance, je suis seul dans la nuit noire et obscure (obscure et sombre, Isabelle s’est cognée contre les murs) ma frontale et mes interrogations. Malgré la confiance exprimée par les uns, les unes et les autres quant à ma capacité à terminer cette course, je suis en plein doute. Et si je n’étais pas suffisamment préparé ? Et si je chutais ? Et si j’avais un pépin mécanique (ben non, pas possible, Titi a révisé mon vélo avant de partir) ? Et si mes tendons d’Achille décidaient de me jouer un mauvais tour ? Et si, et si, et si, … Arrivé au parc, tout cela s’envole, je me mets dans ma bulle et me prépare comme pour toute autre course (si ce n’est que je coche une 3ème fois la case toilette et puis une 4ème alors que j’avais enfilé la combi’, ce n’est plus du stress à ce niveau là !). 5h50, départ des 64 femmes, 6h00 départ en mass start de quelques 900 hommes (des vrais, des triathlètes quoi !), j’aimerais tant être une femme dans ces moments-là ! 1000 premiers mètres passés à se battre pour se frayer un chemin, pas de possibilité de poser sa nage, je subis une fois de plus cette partie de la course et ne prends aucun plaisir. Ah si, quand le jour se lève et que je sors la tête de l’eau pour me repérer, je vois une brume qui s’est installée sur le dessus du lac. Mélangée aux mouvements des nageurs, ça donne une très belle image que je garde encore en tête. Lorsque j’arrive enfin à m’isoler, les sensations sont meilleures mais ma vitesse ne sera malheureusement jamais au rendez-vous. J’ai beau penser à Geoffrey et Bastien mais je n’avance pas aussi vite que je le souhaiterais. 1h14 au final, c’est une déception mais ce n’est pas rédhibitoire non plus. Allez hop, il est temps de changer de tenue et de passer à la suite.

Il y avait déjà beaucoup d’ambiance au départ de la natation et celle-ci est décuplée dès les premiers coups de pédales. Petite pensée pour Judge Briss qui m’a conseillé de ne pas me sentir grisé par cette ambiance et je commence donc à bien tourner les jambes sans m’enflammer. Ce début de course est impressionnant (merci Sébi pour tes conseils ‘développement’), un dénivelé de dingue, 18km au compteur sur la première heure ! A ce rythme-là, je ne suis pas près d’arriver et je commence à me poser des questions sur la possibilité de rallier l’Izoard dans les délais impartis. Heureusement, la suite sera propice à l’élévation de la moyenne. Il ne fait ni trop chaud ni trop froid, les paysages sont magnifiques (Après les inconnus, c’est Jean Ferrat qui me trotte dans la tête : Pourtant, que la montagne est belleuuu), que du bonheur pour un cycliste désireux d’« avaler » les kilomètres. En repassant par Embrun, je vois Laetitia et Cathy (Madame la juge), ça fait super plaisir et ça booste. Beaucoup plus loin, j’entends un « Allez David » qui ne sonne pas comme les autres : C’est Jeanne (Courtois, pas ma fille) qui fait une sortie vélo, excellent ! A 14 kilomètres du sommet de l’Izoard, je constate que j’ai deux heures devant moi pour être dans les temps et retrouve de la sérénité. L’ambiance est toujours aussi bonne, avoir une hermine sur le dos aide à se faire encourager, bevet Breizh !!!! Passé le sommet où je ne traîne pas (Merci Raph’ pour ce conseil), arrive le meilleur moment de la course : La descente vers Briançon. Moment de pur bonheur passé à doubler des concurrents, des voitures, le tout à pleine balle bien entendu (comme dimanche dernier à Plougastel Lionel_L), qu’est-ce que c’était bon !!!! Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, virage à droite et là c’est vent thermique de face pour bien se remettre les idées en place et rappeler que le parcours est difficile. Il reste alors 70 bornes et il faut rentrer au bercail avant 16h15 si je veux prendre le départ du marathon. D’après mes calculs, il faut que je termine mon vélo en 8h55. Ça ne va pas être une mince affaire d’autant plus que je connais les temps réalisés par les copains l’année dernière et que je ne suis pas aussi fort qu’eux sur le vélo. Et puis, ce n’est pas comme s’il restait, entre autres, le mur de Palon et la côte Chalvet à grimper. Il paraît qu’elles sont terribles ces bosses (RIP Sempé). Nouvelle période de doute que je transforme en « appuie sur les pédales et oublie ta gestion de course quitte à le payer sur la partie course à pied ». C’est long, c’est de plus en plus dur mais ça passe et la dernière descente avant l’arrivée au parc se profile. J’ai la banane en arrivant, ce que ne manque pas de remarquer le speaker (« voilà un breton qui arrive avec le sourire » qui provoque les cris et les applaudissements de la foule en délire qui commence à crier « David Président, David Président »), je vais pouvoir prendre le départ du marathon. Je remarque aussi que les jambes suivent lors des premiers contacts avec le sol, confirmant par-là les bonnes sensations de l’entraînement. Transition express comme d’hab’ (j’ai refusé les massages d’une kiné qui ressemblait pourtant à Adriana Karembeu … t’excite pas Jésus, c’était un mec en fait) et c’est parti !
Petit coucou à Laetitia et Jeanne en quittant le parc et un peu plus loin à Marie, Jeanne (Courtois, pas ma fille) et Valentin. C’est vraiment bon de voir des visages connus sur une course ! Premier tour impeccable passé à courir tout le temps. De toute façon, j’avais ordonné à mon corps et à ma tête avant la course de ne pas s’écrouler avant le début du 3ème tour, je n’avais donc pas d’autre choix que d’être bien. Les ravitaillements sont bien organisés et pourvus (les tomates salées en fin de marathon quand plus rien d’autre ne passe, c’est génial !), pouvoir se rafraîchir régulièrement est appréciable compte tenu que la température avoisine maintenant les 30° par endroit. Premier bracelet récupéré au bout d’1h28. J’adore qu’un plan se déroule sans accroc (Hannibal Smith, si tu m’entends) … sauf que l’accroc arrive : Arrêt au ravito avant d’entamer le 2ème tour, petite discussion avec Laetitia et Jeanne (ma fille pour ceux qui ne suivent pas) et puis plus rien : Plus de son, plus d’image, plus d’envie, plus de motivation, rien. La tête m’a lâché, je sais que je finirais l’épreuve même en marchant et que l’objectif sera donc atteint. Je m’invente même des bosses histoire d’avoir une excuse pour marcher. C’est long, très long pour aller chercher le deuxième bracelet qui arrive finalement 1h42 plus tard. C’est reparti pour un troisième tour en me disant que je ne peux pas terminer comme ça et qu’il me faut trouver une solution pour arrêter de subir la course et n’avoir aucun regret quand je repenserai à ce triathlon. Je me fixe alors l’objectif de finir avant la nuit et de ne pas avoir besoin d’être « un connard avec une lampe frontale » comme le dirait mon Jésus préféré. Je vais encore moins vite qu’au 2ème tour mais j’ai cette satisfaction personnelle de courir à nouveau, de reprendre du plaisir et de pouvoir même accélérer sur la fin. Le chemin le long de la Durance arrive et puis, enfin, la dernière ligne droite. Je vais passer sous l’arche et pouvoir lever les bras au ciel. P…, je l’ai fait, je suis finisher !!!.

Curieusement, l’émotion m’envahit à peine 3 secondes (certains sont plus performants), les sourires de Jeanne (ma fille ou Courtois ?) et Laetitia font plaisir à voir, c’est terminé pour elles aussi ! Je resterais errer (je crois que c’est le terme le plus approprié) quelques minutes dans le parc (pas de dauphins avec qui refaire la course, Gillou est parti depuis longtemps) et au ravito avant de rentrer au gîte, en voiture, de nuit, la boucle est bouclée.
En résumé, mais vous l’aurez compris, cette course représente un sacré chantier mais qui est magnifique en particulier pour son parcours vélo et son ambiance, je n’avais jamais connu ça, c’est vraiment une expérience géniale (à condition d’être bien préparé bien sûr) qui, à mon sens, fait partie de ces choses qui nous font sentir en vie. Seule ombre au tableau, la fin des vacances arrivant, il ne nous restait plus que quatre jours pour visiter le coin. Côté lumineux de cette ombre, il faudra y retourner. To be continued …

Merci à toutes et à tous pour vos encouragements et vos messages avant, pendant et après le course. Merci au club de nous permettre de vivre ces moments-là dans les meilleures conditions physiques et mentales possibles. Le meilleur pour la fin : Merci à Laetitia, Aïnhoa et Jeanne de me permettre de vivre aussi intensément l’une de mes passions. Vous pouvez sortir vos mouchoirs.
Dernière édition: il y a 3 mois 1 jour par david.

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il y a 3 mois 20 heures #13546 par benoit
Réponse de benoit sur le sujet EMBRUNMAN
Super CR David, superbe course.
Encore Bravo !
Je vais pouvoir prendre conseils auprès de toi la saison prochaine.

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il y a 3 mois 1 jour #13550 par agnes
Réponse de agnes sur le sujet EMBRUNMAN
Bravo David! Beau CR.
Pas sûr que ça puisse convaincre les septiques sur cette distance...

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il y a 3 mois 1 jour #13551 par jerome
Réponse de jerome sur le sujet EMBRUNMAN
Joli CR David!!!

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il y a 3 mois 1 jour #13552 par pierreyves_H
Réponse de pierreyves_H sur le sujet EMBRUNMAN
Bravo David, ça donne presque envie.

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