Challenge Vichy 2011


Finisher d’une course distance ironman ! Ou comment trouver l’énergie de sourire après 3.8km de natation, 180km de vélo et un marathon...sous 40°C.

Je ne peux pas parler de cette course sans expliquer ce qui m’y a amené.

Comment en suis-je arrivé la? Le gout du défi, de l’effort solitaire, la recherche de ses limites physiologiques et mentales...
Lorsque je me suis essayé aux sports enchainés fin 2008 sur un duathlon sprint, alors résident aux états unis, puis mi 2009 sur mon premier triathlon au Texas, un quarter-ironman, j’avais déjà mon idée fixe en tête: participer dès que je m’en sentirai capable à une course sur distance ironman.

Bien que dans ma jeunesse, j’ai été un coureur à pied de niveau modeste plutôt longue distance (10km-42km), ce triple challenge me paraissait quasi inaccessible. En 2007, après un période de 2 ans et demi sans aucune activité physique, je participe à un match amical de badmington avec un pasteur américain septuagénaire. En plus de m’avoir mis une sévère déculottée, je suis ressorti de ce match avec 2 hernies discales et 2 disques déchirés ! Un spécialiste du dos aux US m’a informé que j’avais le dos d’une personne de 50 ans et qu’une opération

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Challenge Vichy 2011

chirurgicale s’imposait, ce que j’ai refusé. S’en est ensuit 1 an et demi de convalescence ou je n’ai rien fait, à part trainer la patte et me plaindre comme un petit vieux de 70 ans. Puis j’ai décidé de faire un peu de VTT pour me remuscler un peu et libérer mon surplus d’énergie.

Au bout de quelques mois de pratique, et malgré de nombreuses chutes à vélo (non, y’a pas que sur les dos d’ânes que je me vautre), mon dos se portait de mieux en mieux !
La pratique du sport de loisir, c’est sympa, mais la compétition, quand on y a gouté, c’est mieux : se fixer des objectifs, se dépasser, donner le meilleur de soi même et transpirer toutes ses hormones et adrénaline, ça, ça motive vraiment !

J’ai donc décidé de tenter mon coup sur un duathlon pour voir si ce sport me plairait. J’avais opté de faire la course sur mon VTT, en bloquant la fourche et en mettant des pneus route. Je me suis donc entrainé en VTT route, puis j’ai repris la course à pied tout en douceur, pour ne pas aggraver mes problèmes de dos.

A un mois a peine de l’échéance, en période de soldes aux US, Céline m’incite à m’acheter un vrai vélo de route, un TREK. Après une période d’acclimatations de quelques semaines (c'est-à-dire 3 bonnes chutes tout seul sur la route, après avoir enlevé les roulettes bien sur), la bête était débourrée et domptée.

Et me voila sur mon premier duathlon, à m’imprégner de cette ambiance si particulière et sympathique de ce sport. J’y ai vu ces beaux vélos de chrono et ces roues lenticulaires, ces casques aéro et ces crâneurs épilés !
La course s’est déroulée sans encombre, avec un résultat plus qu’encourageant pour une première, et surtout, l’envie de m’investir beaucoup plus dans le sport, et d’ajouter une dimension supplémentaire : la natation.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais appris à nager correctement. Je suis une brique plombée à petits bras.
J’ai pris une carte de membre dans une salle de sport afin d’aller nager tout seul le matin avant le boulot (de 6H30 a 7h00) comme beaucoup d’américains. Au début, ca faisait cher du mètre car j’étais cuit au bout de 50m avec un mal de crane à la clé. (C’est surement parce que j’inspirais sous l’eau...)

Puis j’ai eu l’opportunité de participer à HOUSTON à un stage de natation de TI (total immersion), méthode d’apprentissage assez novatrice et intéressante.
Après quelques semaines de pratique, même seul, les progrès se sont fait sentir. Surtout quand on part de pas grand-chose. (D’abord j’ai enlevé les bouées, puis je suis passé de la nage teckel à la nage labrador, après j’ai enlevé le tubas et les palmes, et enfin je ne m’accrochais plus a la perche du MNS).

Et puis fin 2008, Céline m’incite de nouveau à acheter un vélo de chrono, mon Cervélo ! Et oui les gars, c’est le monde à l’envers, je sais. Et la, le virus du triathlon commence à agir et pour autant, je ne me sens pas encore triathlète, bien que pratiquant les 3 sports. Il me faut cette compète pour valider mon statut!

J’opte pour un quarter ironman (950m de natation, 45km à vélo et 10.5km à pied) en avril 2009, que je boucle en 2h22, à la 50 ème place au scratch sur 1200 (bon, le niveau aux US n’est pas exceptionnel).

Ca y est, je suis un triathlète !

Maintenant, il faut préparer le retour définitif en France, notre séjour de près de 5 ans aux US s’achevant. Je suis muté à...à......merde...à Brest...!!!Oh putain, on va tous chopper une pneumonie ! Céline, va vite acheter des pulls, des Damart et des ponchos imperméables, moi je vais jeter les tongs et les shorts dans la benne à ordures !

Bon ok, faut s’organiser. Il me faut un club de triathlon à Brest ! Pas un club trop sérieux, ni trop individualiste, et si possible un club plutôt orienté longue distance. Après quelques recherches, (thank you Google), je me tourne vers les dauphins de l’Elorn ! En plus ca tombe bien, ce sont eux qui organisent le TribreizhTM, épreuve mythique dont j’ai entendu parler à maintes occasions et dont je veux en être ! Après quelques contacts avec le président Arnaud Constans, je suis bien décidé à m’inscrire chez les dauphins !

Et me voila !!!
Merci les gars pour l’accueil !
Déjà que la Bretagne, c’est beau...mais c’est froid, et en plus ca mouille tout le temps ! Mais alors les bretons !
Les bretons, bien connus pour leur affabilité et leur accueil chaleureux !!
Bref, après avoir purgé ma période d’essais au club, en gros de Septembre 2009 à Avril 2010 (et encore j’ai eu une remise de peine pour bonne conduite !), le temps de faire ma première compète à Gourin en tant que dauphin et qu’on connaisse enfin mon prénom, je faisais enfin partie de cette bande d’irréductibles gaulois à la langue bien pendue !
Après une saison 2009-2010 intense chez les dauphins, les entrainements sous la pluie, dans le vent (toujours de face en Bretagne, quelle que soit la direction du vélo), les séances de natation nocturnes, et la désignation de mon surnom («Bill», l’américain) je sens que j’ai pris de la caisse et que 2011 sera une bonne année pour faire mon premier ironman.
J’opte pour Challenge Vichy, programmé le 21 aout 2011, 1 semaine après les camarades de Challenge Copenhague.
La période d’entrainement spécifique (une vingtaine de semaines) se déroule sans encombre, un mois après une belle chute à vélo sur un dos d’âne peu visible me causant une cote fêlée. Je supporte assez facilement le volume d’entrainement et sous le regard bienveillant de Céline et de mes filles Amy et Lou, j’arrive à combiner vie de famille et exigences de l’entrainement ! Merci à elles, les ironwomen !
Arrive le TribreizhTM, un half ironman, que dis-je, la référence de l’half ironman, un pur produit du terroir, mené de main de maitre par le «Prez », Stéphane Touvron, un peu plus de 2 mois avant l’échéance de Vichy ! Ce fut une épreuve dantesque, tant le climat était....typiquement breton : Pluie continue, à peine 15° C, vent soutenu et rafales à 60km/h.
Je fais la course sans prétention vu les conditions, mon seul objectif étant de gérer mon vélo de manière à faire une course à pied décente, pas comme d’habitude ou je fini dans la douleur. C’est ma dernière occasion de régler ma stratégie d’allure !
Ce sera chose faite 5h00 plus tard, mon premier tri ou enfin, j’ai l’impression de courir à mon potentiel. L’épreuve en a cassé quelques uns, environ 50 abandons sur 329 participants. Mais bien sur, tous les dauphins, qui jouaient à domicile certes, ont terminé à des places plus qu’enviables. Un grand bravo d’ailleurs à Gaëtan, qui nous a démontré qu’il était prêt pour le longue distance !

Betek penn on bet était la devise, un peu prémonitoire, inscrite sur le polo de finisher du TriBreizh (= «je suis allé au bout »).

Les dernières semaines d’entrainements se suivent mais ne se ressemblent pas, tantôt en Bretagne avec les dauphins en prépa pour Copenhague, ou bien les potes de Houston, Jeff et Laurent en visite à Lacanau, ou Nico du BEST à saint Nazaire.
Et pourtant, le doute commence à s’installer : Je passe en moins de 5 minutes du stade «je vais péter un sub 10 »(un «moins de 10h », pour les non initiés) au stade «je vais me noyer à la natation et je vais finir mon marathon en rampant ».

Puis vint la blessure bête à un mois de l’échéance. Le gros orteil retourné sur un pas de porte. Bilan, entorse et suspicion de micro-fracture.
Et la, c’est plus du doute, c’est de la certitude : «je vais vraiment finir mon marathon en rampant ! »

Devant tant de questionnement, je n’ai pas choisi le 50/ 50 ni l’avis du public mais plutôt l’appel à un ami ! Merci donc à mon Joker, Gourou, dit « dieu », Arnaud, qui m’a excellemment bien conseillé pour adapter mes entrainements et m’a surtout rassuré sur mes capacités à terminer la course, en dépit d’un dernier mois d’entrainement privé de course à pied.

Vu les circonstances, je recalais mes objectifs à :

  1. Finir mon ironman !

  2. Prendre du plaisir !

Et nous voila partis, Céline et moi, pour cette aventure.

J-5 :
Arrivée sur vichy en fin de journée, il fait 31° C, ça va, c’est juste 12° C de plus qu’à Plougastel, une broutille. On a juste les pieds qui gonflent, l’alliance qui se déforme sous la pression de l’œdème au doigt, le palpitant qui s’emballe. Bref, nous partons visiter la ville, à pied, j’en profite pour faire le plein de ma bouteille aux sources de Vichy (Célestins, chomel, hopital,etc...), Ca pue l’œuf pourri mais il parait que c’est bon. La première nuit, à l’hôtel, j’ai quand même un léger moment de doute quand j’ai entendu mon ventre gargouiller bizarrement. Et la, une petite voix intérieure qui avait l’accent de notre grande gueule nationale du club (j’ai nommé...Pascal !) me dit : «pourtant je te l’avais qu’il fallait jamais essayer quelque chose de nouveau à l’approche de son objectif de l’année ! Tocard va ! »
Bon en fait, c’était une fausse alerte! Un petit dégazage pour rééquilibrer les pressions internes et externes et ca allait beaucoup mieux.

J-4 :
Je retrouve Pierre, dit «le doc» et une vingtaine d’autres triathlètes dont de nombreux bretons pour faire la reconnaissance du parcours vélo (90km). Au bout de 10 minutes, je suis déjà dans le rouge en queue de peloton et essoufflé à seulement 20km/h...Ca s’annonce mal....Le doc, lui, danse la lambada sur ses pédales, fait un wheeling en tête de peloton puis finalement met les aérofreins pour se caler à mon niveau et avec son flegme (sisi, il en avait du flegme, il en avait plein sur lui d’ailleurs) il me dit : « tu verras, ca ira mieux plus tard ». Effectivement, à partir de la mi-parcours, ca va mieux. La température enregistrée sur le vélo va de 31 à 38°C. Le parcours ne me parait pas si roulant que ca : assez vallonné sur la première partie avec un revêtement moyen ou bien de longues portions fraichement gravillonnées ou rebitumées. De plus, j’ai un peu mal à l’orteil.

Le soir à 18h, sortie course à pied de 55’ dont 4x1000m et inconsciemment je compense pour éviter le contact de l’orteil au sol donc douleur au genou droit et mollet droit. Je ne suis pas rassuré.

A présent, nous logeons au CREPS, à 500m du village de l’épreuve. Plus besoin de prendre la voiture et de se soucier des repas. Rapidement, nous remarquons que tous les pros/ élites étrangers sont également au CREPS, notamment le futur podium masculin au complet, ainsi que la première féminine (Amy, une Texane !!!). J’essaye d’emmagasiner leurs bonnes ondes au maximum. On sait jamais, l’émulation est peut être possible.

J-3 :
Petite séance natation de 32 minutes avec combi dans une eau à 20° C et...dans les algues ! Et oui, le lac d’allier subi depuis quelques années une invasion d’algues, initiée par un rejet d’algues d’aquarium par des particuliers. Depuis, elles prolifèrent et dans le climat chaud de l’été, se développent de plus de 20cm par jour. Les bénévoles ainsi que la commune se sont donc relayés pour tondre et ramasser ces algues sans relâche jusqu’au jour de l’épreuve.
Après la natation, repos complet, je saute la séance vélo. Je sens que la chaleur me fatigue énormément, je préfère être plus frais, d’autant que l’on commence à parler d’une alerte canicule avec des températures pouvant atteindre 37°C pour le dimanche.

J-2 :
Repos complet et mécanique vélo: je resserre toutes les vis, revois tous mes réglages puis c’est le briefing de course : L’eau est à 21° C, ils annoncent 39-40°C pour le dimanche, c’est à dire alerte canicule ! (Penser à mettre les vieux à la cave, fermer les volets, et leur faire boire un verre d’eau par heure !). L’arbitre principal nous précise que si l’eau devait monter à 24.5°C, ce qui était improbable, il tolérerait le port de la combinaison pour la natation. Ca me rassure. En revanche, il précise qu’ils seront implacables sur les autres règles auxquelles nous sommes soumis. Notamment, l’assistance par une aide extérieure. Dans notre pool d’arbitre, nous avions d’ailleurs celui qui a disqualifié Marcel Zamora, alors premier de la course la semaine précédente à l’ironman d’embrun, après qu’il eut jeté son coupe vent à un de ses supporters pendant le vélo et qu’il n’ait pas été le rechercher malgré l’avertissement de l’arbitre. Et comme autre exemple de règle à respecter : ne pas ouvrir la fermeture éclair de son maillot trop bas. Question d’un triathlète : « c’est quoi trop bas ? » Réponse de l’arbitre : «Plus bas que le point le plus bas du sternum ».....chuchotis dans la foule, interrogation sur tous les visages...la moitié du public confondait sternum avec sacrum et commençait à se reluquer le cul alors que l’autre moitié avait confondu avec le scrotum...puis l’arbitre de poursuivre : «vous inquiétez pas, si vous portez une tri fonction ou un singlet, la fermeture s’arrête au bon endroit ! et en plus, avec cette alerte canicule, on sera plus conciliant sur ce point» Bah fallait le dire plus tôt ! En tout cas, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !

Le soir, nous enchainons sur la pasta party, en présence de Félix (pas le chat, non, le créateur de Challenge Family, à l’origine des triathlons challenge sur distance ironman). La bouffe est bonne, l’ambiance calme et détendue.

J-1 :
Au petit matin, 45’ de vélo, 20’ de course à pied, tout est ok (repérage transition, départ et arrivée vélo, bifurcation 2eme boucle vélo, tous les points chauds à ne pas louper pour ne pas faire de boucle de trop)
L’après midi, c’est le dépôt du vélo sur le parc à vélo, prévu de 14h à 18h. Vu la chaleur, j’y vais vers 17h afin que mon matériel ne fonde pas sur place ! p’tain c’est le cagnard ! Tout le monde dégonfle ses pneus, bâche son vélo. Puis c’est le rituel de la remise des 2 sacs de transition : le sac bleu avec les affaires de vélo et le sac rouge avec les affaires de course à pied. Ca va, je reste zen. L’eau est à 22°C, nickel !
On mange tôt, on se couche tôt (21h30). Une heure plus tard, j’entends le bébé de Bella Bayliss et Stephen Bayliss (ironwoman et ironman émérites) qui pleure près de notre chambre.... Il a à peine 15 jours et la, je me dis que la nuit va être courte pour lui et moi....sauf que lui il peut téter toute la nuit si il veut....Et en fait, il se calme très rapidement et je ne l’entendrai plus de la nuit...

D-Day :
Lever 4h.
Douche, puis petit déjeuner normal, pas de gato sport ou autre denrée non habituelle puis je me déleste du superflu et me dirige dans la nuit noire, à pied à travers les bois, vers la zone de la course. Arrivé au parc à 5h45, déjà en sueur, j’installe ma nutrition sur le vélo: mes boissons énergétiques bio «maison», mes gels bio «maisons » dans des flasques réutilisables, et surtout, mes gélules d’électrolytes pour compenser les pertes de sels minéraux génératrices de crampes. Tout à été testé et retesté à l’entrainement. Je gonfle «the beast », mon destrier, puis dernier délestage (j’ai envie de courir dans la catégorie des moins de 65kg) et «the breaking news », au sens propre, la news qui casse : combinaison interdite pour la natation car l’eau est à 26.4° C (elle a pris près de 5 degré en 1 journée !). Ca m’embête car franchement, avec combi, j’arrive à donner l’illusion que je nage bien, mais sans combi, je ne peux duper personne, et surtout pas le chronomètre. Finalement, je reste philosophe en me disant que parti pour galérer dans le cagnard pendant près de 12h, je ne suis plus à ça près, et de toute façon, c’est pour tout le monde pareil. Et puis aux dauphins de l’élorn, on élève des guerriers (en tout cas, c’est ce que j’aimerai bien croire).

J’ai passé mes temps libres des derniers jours à me conditionner l’esprit pour gérer au mieux mon effort :
Etre extrêmement patient : natation en endurance, en draftant si possible, vélo décontracté, sans variation d’effort, allure confortable. Je dois résister à l’envie de donner des gros coups de pédales car je sais qu’au départ vélo j’aurai la patate.

Puis premier semi-marathon allure footing de manière à entamer le 2 ème semi le plus frais possible. Ensuite, la course commence vraiment. Je la finirai comme je pourrai.

Challenge Vichy 2011 Petit flash météo, présenté par Evelyne Dhéliat

Evelyne, merde, t’exagère !!! Gilles, s’il te plait, fais quelque chose !

Départ moins 5 minutes :
Je suis en cuissard, torse poil, bonnet vert. J’entre dans l’eau doucement, j’ai une grosse envie d’uriner mais nous devons nous rendre à la nage à la ligne de départ dès que possible. Je fais quelques mouvements de crawl qui me paraissent bizarre, puis la brasse, toute aussi bizarre. J’arrive près de la ligne de départ et je sens que je dois forcer rien que pour rester à la surface, et cette envie de pisser. Je me mets sur le dos et me décontracte au maximum et parvient à accomplir ma besogne. Nous attendons le top départ, interminable.SWIM :

Et paf ! C’est parti. Je commence à nager et au bout de 3 mouvements, je comprend que mon chemin de croix sera long et douloureux !: Du fait de l’absence de la combi, je nage plus profondément dans l’eau et je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau suffisamment pour respirer. Pour palier à cela, je dois donc relever la tête beaucoup plus que d’habitude, ce qui fait plonger mes jambes et occasionne une trainée supplémentaire. Il est vrai que les 3 derniers mois, je n’avais nagé qu’en combinaison et en open water, ce qui a du dégrader quelque peut ma technique de nage. En bref, je suis scotché, je n’avance pas, je respire mal, et je commence un début de panique contrôlée (au début), que j’alimente par des : «t’as jamais nagé 3.8km », ou bien « t’as jamais nagé plus d’une heure » ou alors : « t’es sur que tu sais nager sans combi ». Ajouté à cela les nageurs alentours et ces p..... d’algues qui se prenaient dans les bras et les jambes! Hors de question que je me laisse entrainer par ces idées noires. Je décide de m’extirper du flux et de prendre l’extérieur et de «sucer la roue » d’un nageur de mon niveau (si tant est qu’il y en eu !). A défaut de bien nager, si je peux m’économiser au maximum, ca sera ça de gagné pour la suite. Je repère donc une sirène égarée qui battait fort des pieds, impeccable pour l’aspiration et surtout pour la navigation, car la visibilité dans le lac d’allier est d’au plus 50 cm, alors quand ça bouillonne devant, c’est plus facile à suivre. Je me rends compte que mon poisson pilote zigzague beaucoup, mais quand j’essaye de la doubler pour prendre la corde, malgré ses détours, elle se retrouve devant moi. Je décide donc de rester calé derrière, et de lui chatouiller les pieds quand je jugerai qu’elle dérive de trop. On a fait un bon bout de chemin ensemble, trajet pendant lequel je n’ai pas dépensé trop d’énergie. Arrivé au demi-tour, je l’ai perdue de vue. Rapide coup d’œil à ma montre : 40 minutes. Je suis sur une base d’une heure et 20 minutes, mais je peux nager plus vite je pense, d’autant que le léger courant est dans le dos pour le retour ! Finalement, inexplicablement, j’ai mis 46 minutes pour le retour !!Mais quel boulet je suis ! Il semblerait que les premiers nageurs aient mis 5 minutes de plus que prévu (dont Benjamin Sanson, surnommé «the fish », un des tout meilleurs nageurs mondiaux sur distance ironman).

Je sors de l’eau dépité...mais pas crevé ! C’est ça de gagné !

Je file en trottant à la tente de transition, juste le temps de dire à Céline que j’ai nagé comme une merde ; je lis l’approbation dans son regard (je déconne !), ainsi que le soulagement de me voir sorti en bonne et due forme et pas sur une civière (je déconne pas !). Je me change, j’enfile péniblement mes manchettes sur ma peau mouillée. Ce n’était pas prévu que je doive enfiler ces p... de manchettes après la natation ! Bref, ca me coute 3 bonnes minutes de plus. Je mets mon casque, j’avale un demi litre de vichy célestins et je file à mon vélo. Et la....stupeur !!!... c’était ground zéro ! J’avais jamais vu un parc aussi vide après la natation ! Un parc à moitié vide, au jugé ! Ca me colle un coup au moral mais le positif reprend le dessus immédiatement : à moitié vide, c’est à moitié plein. Surtout ne t’emballe pas et roule tranquille pendant les 90 premières minutes !

Bilan natation: 255ème /412 en 1H27’27 (c’était plus qu’à moitié vide en fait...)

BIKE :
J’avale une goulée de gel et quelques rasades de potion magique ainsi qu’un cacheton d’électrolyte. J’avais rapidement compris qu’en fait, un ironman, c’est juste une journée ou tu ne fais que boire et bouffer tout le temps, et accessoirement, tu nages, pédales et courts entre tes collations. Après ce petit gouter, je peux enfin pédaler un peu.

Rapidement, je me fais doubler par quelques athlètes qui ont nagé encore plus mal que moi, mais qui visiblement tentent de rattraper leur retard en bourrant à vélo. Je dois réfréner mes pulsions animales les plus ancestrales et décide de les laisser filer. On ne se met pas en mode «la bramoulle » sur un ironman (Pour ceux qui ne connaissent pas le mode «la bramoulle »: technique de pédalage qui consiste à courser tout ce qui bouge, avec éventuellement la bave à la bouche). J’avais décidé également de ne pas participer aux sprints intermédiaires, les fameux sprints panneaux, vu le grand nombre de villages à traverser.

Ma stratégie était claire, rouler en endurance, voire légèrement en dessous sur la première partie de chaque tour.
Les bosses et le vent de face se trouvaient sur les 45 premiers kilomètres de chaque boucle, ensuite, j’aurai les faux plats descendant et le vent dans le dos sur les 30 derniers kilomètres de chaque boucle pour faire remonter la moyenne.

Mais au bout de quelques kilomètres, mal de lombaire difficilement soutenable, quelque chose qui ne m’était jamais arrivé auparavant. Rapide analyse de la situation : la cause était indubitablement ma technique de nage dégradée qui a du faire travailler plus que de coutume mes jambes (que je n’utilise jamais en combi) et surtout mon dos lorsque je relevais ma tête pour inspirer. Je reste malgré tout en position aéro car je sens que ca va se résorber avec le temps. Effectivement, après une dizaine de minutes, le dos est OK.

Ma stratégie de nutrition et hydratation est parfaitement établie et calée sur le chrono de mon compteur vélo, qui n’affiche d’ailleurs que le temps total, mes pulsations moyennes et ma vitesse moyenne :
Toutes les 10 minutes, je bois 2-3 gorgées de boisson énergétiques et éventuellement 1 gorgée supplémentaire 5 minutes plus tard.

Toutes les 30 minutes, je prends un cachet d’électrolyte et une bonne rasade de gel suivie de la boisson.
Je roule en mode cyclotouriste du dimanche pendant 1h30 comme convenu (30km/h) et déjà je commence à doubler pas mal de monde. Je décide d’accélérer un chouilla et de bien me concentrer sur ma position aéro pour ne pas perdre de l’énergie bêtement sur la 2 ème partie du parcours. A chaque village traversé, chaque intersection, chaque ravitaillement, des grappes de bénévoles survoltés et des spectateurs nous accueillent en hurlant nos prénoms, en applaudissant, c’est la méga ambiance, il fait bon, environ 30° C, c’est la fête ! Ma moyenne est de 36km/ h sur cette partie. Je boucle mon premier tour en 2h44 (33km/ h) en ayant gagné une bonne soixantaine de places.

J’arrive à la fameuse cote de Bellerive (11%), que nous avions déjà prise au premier tour, au départ vélo et qui était passée comme une lettre à la poste, sous 26° C. La foule est présente pour nous encourager et je distingue quelques athlètes sur la plaque, debout sur les pédales à tourner à 20 tours par minutes en grognant comme des loups. Je décide de la monter comme chez nous en Bretagne: petit développement, grande cadence (je parle de la cote bien sur !). Je croise Céline qui est survoltée et je l’encourage en passant, elle en aura besoin par cette chaleur !

Je double quelques athlètes qui commencent à être dans le dur à mi parcours et recommence mon rituel du premier tour : tranquille pendant 45km, un peu plus rapide par la suite et surtout bien m’hydrater et manger.
Rapidement, je sens que la chaleur monte. Il est à présent midi, le sol irradie mes jambes et mon corps de cette chaleur. Le vent commence à souffler, de plus en plus fort, de face bien sur. Cela nous ralenti, mais permet de nous rafraichir un peu, bien qu’il soit chaud et sec.

Dans les villages, les intersections, on ne voit presque plus de bénévoles, juste le strict minimum, les rares survivants sont à l’ombre assis par terre, ils ont trop chaud. Il fait déjà plus de 35° C. Je bouffe mes cachets d’électrolyte et vois le sel en excès se fixer sur mes manchettes et ma peau.

Enfin arrivé à la moitié du 2 ème tour, je peux un peu plus envoyer.
412 athlètes éparpillés sur 90 km, ça fait pas beaucoup d’athlètes au kilomètre. Il n’y a pas de problème de drafting et souvent, on se demande si on est sur la bonne route.
Et au loin, finalement, on voit des cibles qui pédalent. Ca me sert de point de repère et au terme de ce 2ème tour, bouclé en 2h42, j’ai doublé 90 athlètes de plus.

Bilan vélo: 61ème temps sur 382 en 5h26’37, je suis à 103 ème à l’arrivée au parc et je me sens relativement frais musculairement mais j’ai juste un peu chaud. (je ne trouve même pas le chemin de ma bouche pour boire un coup..)

Je fais une transition rapide, juste le temps de mettre mes chaussettes et chaussures de course à pied, ma visière et un retartinage de crème solaire et c’est reparti.RUN :

Je commence à courir très prudemment, pour tester la machine. Je passe devant le stand des ravitos perso ou j’ai laissé une flasque de gel maison mais mon estomac commence à saturer un peu, de plus, on a tous eu l’idée de mettre nos ravitos perso dans des sacs blancs, bilan, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Et pourtant, si j’avais su ce qui arriverait après, j’aurai pris le temps de la chercher cette flasque. Ce sera ma première entorse à mon régime nutritionnel...

Petit checkup au bout d’un kilomètre :
Douleurs ? Négatif !
Crampes ? Négatif !
Envie de pisser ? Affirmatif mon adjudant! C’est bon signe, ca veut dire que je ne suis pas complètement desséché !

Je sais que Céline m’attend aux environs du CREPS, après 2km de course à pied. Je me retiens donc jusque la. Je cours allure footing (environ 12km/h) et dans les méandres du parc, je vois un athlète devant moi qui s’arrête tout net et se plie en 2 pour souffler par terre. Je me dis qu’il doit en chier le pauvre et que moi ca va nickel. Il repart mais n’avance vraiment pas (genre 8km/ h). Je le double. Puis je vois qu’un VTT l’accompagne et l’encourage. Je me retourne pour protester car toute assistance est interdite (merde alors !), mais je lis l’inscription : «1 er homme » sur le VTT. Au même moment, j’entends au loin le speaker qui annonce que le premier de la course est Benjamin Pernet. Et la, je me dis que d’ici peu ca ne sera plus le cas. Ca ne sera pas moi le challenger, j’ai déjà 2 tours (soit 21km) de retard sur le premier. Je vois Céline et décide de m’arrêter pour uriner et taper la causette. Un bénévole vient vers moi pour m’encourager (pas à pisser !, à courir) car il pense que je veux abandonner. «Non non t’inquiète, c’est juste une vidange ». Céline me précise que le doc est 10 minutes devant, ce qui ne m’étonne pas car j’avais estimé qu’il mettrait au moins 10 minutes de moins à la natation et qu’on roulerait à la même vitesse.

Je repars tranquillou en redoublant Benjamin Pernet qui finalement a jeté l’éponge au ravito suivant. Moi en revanche, je l’ai ramassée l’éponge ! Le petit passage dans les bois, ça allait, avec un peu d’ombre, mais après, c’est le cagnard et mon corps n’aime pas le chaud. (Mais pas au point de vomir, comme certains !). Les aspersions à l’éponge et les jets d’eau étaient indispensables pour refroidir mon corps en fusion. A chaque ravito c’était le même rituel, une douche d’eau froide intégrale de 45 secondes pour refroidir fukushima, de 2 à 4 verres de coca et 2 verres d’eau, puis une éponge essorée sur le crane et les bras qui commençaient déjà à sécher et une éponge non essorée stockée sous mon débardeur ouvert au maximum (c'est-à-dire un poil plus haut que le point le plus bas du sternum !). Je passe en moyenne près de 2 minutes par ravito tous les 2km, ca me casse la moyenne mais c’est le prix à payer pour pouvoir continuer à avancer. Il fait entre 38 et 40° C et cela met les corps des athlètes à rude épreuve. Au ravito suivant, l’éponge stockée dans le débardeur est complètement sèche, comme moi d’ailleurs.

Je boucle mon premier tour de 10.5km en 56 minutes. Je ne vais pas bien vite et pourtant je ne fais que doubler, personne ne me double, pour une fois sur un triathlon ! J’ai déjà repris 30 places.

Pour le 2ème tour, j’envisageais la même stratégie, me refroidir un max sous les douches, boire jusqu'à plus soif mon coca-eau et courir à allure modérée jusqu’au ravito suivant. Au kilomètre 14, je rattrape le doc qui a l’air de souffrir. Il me dit qu’il envisage d’abandonner. Je l’encourage comme je peux en lui disant qu’il ne peut pas abandonner à ce stade de la course, qu’il n’y avait plus qu’à se mettre en roue libre jusqu’à la fin pour terminer, en réduisant l’allure et en prenant son temps aux ravitos. Quand je le quitte, je ne suis pas convaincu que mes paroles aient été efficaces. Je continue ma route et mon rituel.

A partir du kilomètre 16, je note une légère baisse de régime, qui s’amplifie jusqu’à la fin du 2ème tour, que je boucle en moins d’1h02, en ayant regratté 11 places. J’entame mon 3 ème tour et ma stratégie était claire, ma course commence maintenant !!!

Et pourtant, je me sens de plus en plus atteint, je ne sourie plus, je ne tourne plus la tête quand on m’encourage et ne fais plus de geste superflu. Mon allure baisse considérablement ! Mon cerveau lui aussi semble tourner au ralenti. Je commence à avoir la vue brouillée, mais je continue à trottiner. Puis je suis pris d’une fatigue intense, mais pas une fatigue physique, pas musculaire, juste une envie intense de dormir ! De trouver un lit pour m’allonger. Je commence à regarder par terre dans l’herbe car pour moi c’est inévitable, il faut que je m’arrête pour dormir ! Je ne comprends pas ce qui se passe, j’ai géré mon allure à la perfection depuis le début et je sais que je peux tenir ce rythme sans problème. Je ne suis ni essoufflé, ni fatigué musculairement. Avec tout le coca que je me suis enfilé depuis 2h, toute la caféine devrait me tenir éveillé bordel ! Et la, je comprends enfin ce qui m’arrive ! Je suis en pleine hypoglycémie ! A cause du coca que je me suis enfilé, je suspecte une hypoglycémie réflexe causée par tout ce sucre rapide dans le sang. Et moi qui ai by- passé mon gel énergétique! Il m’a fallu 10 kilomètre pour comprendre ce qui m’arrivait ! En hypo, tout tourne lentement, le temps que l’information transite au cerveau et soit processée et voila, il s’est passé plus d’une heure ! Un vrai Céléron !

Puis je croise un arbitre dans les bois sur son VTT, bien sagement posté à l’ombre. Il me désigne du doigt en disant : «votre fermeture éclair, remontez-la, elle est trop basse ! »J’ai presque envie de lui répondre mais je m’abstiens, c’est pas le moment de se chopper un carton ou d’être disqualifié pour outrage. Visiblement l’arbitre n’avait pas assisté au briefing de course, lui ! Il n’avait pas non plus réalisé qu’il faisait plus de 40° C (43°C à l’ombre semble t’il, au moment le plus chaud de la journée) et que ca faisait 10h qu’on courrait sous ce cagnard et qu’en plus, ma tenue était conforme ! Il n’avait pas non plus remarqué les allées et venues de camion pompiers pour récupérer les athlètes défaillants, car de la casse, il y en avait !...

J’obtempère donc et après l’avoir passé, je redescends ma fermeture !

J’ai un vrai plan d’attaque pour contrer cette fringale que je m’emploie à appliquer au ravito suivant, celui du 25 ème kilomètre :
Surtout plus de coca !!!!
Je mange une banane puis un quartier d’orange puis une barre énergétique puis un gel puis 3 verres de boisson énergétique puis 2 verres d’eau et enfin mon rituel de SPA : douche + aspersion d’éponge.

Je passe plus de 5 minutes au ravito et j’en ressors le bide explosé. Ce que j’ai fait est contraire à toutes les règles d’usage sur le guide du parfait petit triathlète mais je préférais courir le risque plutôt que de pioncer dans le fossé.

Je repars donc avec ma bedaine glougloutante, en me disant qu’au pire, je risquais le vomi. Et la....stupeur ! Au bout de 5 minutes, ma vue revenait, mes mouvements devenaient plus fluides, je souriais de nouveau et mon allure avait considérablement augmentée. 10 minutes plus tard, j’étais de nouveau en pleine possession de mes moyens. Je décidais donc de prendre un gel un ravito sur 2 et de remplacer le coca (frais) par de la boisson énergétique (chaude) jusqu’à la fin.

Je boucle mon 3 ème tour en 1h09 en n’ayant doublé que 4 personnes (dont une qui vomissais dans une poubelle...).

A l’entame du dernier tour, j’ai une patate d’enfer, je sens que je serai finisher et qu’en plus j’aurai pris du plaisir à faire cet ironman (hormis la natation peut être). Mon allure me semble même plus rapide qu’au premier tour ! Je me mets enfin en mode «la bramoulle », mais sans la bave : Je courre derrière tout ce qui bouge, c’est dur de voir qui est dans le même tour que soi car nous n’avons que de minuscules chouchou de couleur autour des poignets. Du coup, j’essaye de doubler un max de monde entre mes ravitos-douche.

Je boucle mon dernier tour en 57 minutes en ayant doublé 11 personnes de plus. Il me reste environ 400 mètres. Je vois Céline une dernière fois sur le parcours.

Je me refais une beauté pour le finish : exit les éponges sous le débardeur (le look à la bob l’éponge, ca le fait moyen sur les photos de finisher), je remonte ma fermeture éclair au maximum (c’est pas le moment de recroiser mon arbitre favori !), je court- circuite le dernier ravito, du coup, les bénévoles me hurlent leur encouragement car ils ont compris que je finissais (dans ces conditions, personne n’a loupé un seul ravito, excepté celui placé à 200m de l’arrivée).

J’arrive enfin dans la zone d’arrivée, un tapis rouge en U, au milieu des tribunes. Je croise les 2 speakers survoltés qui ont animé la journée avec une énergie folle du matin à 6h jusqu'à 23h, sans pause, et sous le cagnard. Je leur tape dans la main puis je fais mon tour, je salue Céline qui a eu le temps de se glisser au pied des tribunes et je trottine en savourant mon arrivée et en rigolant.

Bilan marathon : 39 ème temps sur 287 en 4h04.

Passée la ligne d’arrivée, la remise de la médaille de finisher par Amandine, la poignée de main de Félix et la photo finish, l’émotion me monte aux yeux, comme quoi je ne suis pas si déshydraté que ca. Ce n’est pas l’émotion d’avoir terminé, non, c’est plutôt à ma femme Céline et mes filles Amy et Lou que je pense, car c’est grâce à leur soutien indéfectible, leur compréhension lors de mes absences répétées et prolongées pour cause d’entrainement que j’ai pu réaliser ce rêve et terminer cet ironman. Comme m’avait dit Shanna Armstrong, une texane championne d’ultraman rencontrée à Houston, pour se surpasser, il faut courir pour une cause plus grande et plus importante que soi même. Dans son cas, elle dédiait ses courses à sa grand- mère décédée. Dans mon cas, c’est à Céline et mes filles que je pensais et ne pas finir n’était pas une option, car vu les sacrifices qu’elles avaient consenti de faire, je leur devais d’être finisher.

Je boucle donc mon 1er ironman en 11h07, à la 48 ème place au général, sur 287 finishers. 125 personnes, malheureusement, ne découvriront pas le bonheur d’être finisher à Vichy 2011.
Mes 2 objectifs revus et corrigés sont atteints : finir et prendre du plaisir !

Car en dépit des conditions exceptionnellement chaudes, et passé l’intermède peu agréable de la natation sans combi, j’ai pris un plaisir immense à participer à une telle épreuve et je pense déjà à un ironman 2012. Je sens que ce type d’effort me convient.

L’organisation de ce 1er challenge Vichy aura été en tout cas exceptionnelle de bout en bout, de l’avis des nouveaux venus, comme moi, mais aussi de vétérans de la distance et même des pros. A qui le tour pour Vichy 2012?

Challenge Vichy en chiffres:

Plus de 500 bénévoles !
412 partants dont 24 pros /élite.
125 abandons/disqualifications (dont 10 pros /élites sur 24)

o 13 nageurs hors limites (temps limite : 2h)
o 17 abandons pendant le vélo
o 34 abandons de plus après le vélo (n’ont pas pris le départ du

marathon)
o 23 abandons après le premier tour à pied o 25 abandons après le 2 ème tour
o 12 abandons après le 3 ème tour
o 1 abandon dans le dernier tour

20 nageurs seulement sous l’heure
70% de finisher
Vichy : ville la plus chaude de France ce 21 aout : 43°C (il fera 20°C le dimanche suivant...)

Hydratation et nutrition (cas personnel):

Plus de 16 litres de boisson bue !
Plus de 6000Kcal ingérées (soit l’apport équivalent à 3 jours pour un adulte)
Apport en sodium et potassium (pour éviter l’hyponatrémie et les crampes, causées par une perte excessive avec la sueur) : plus de 1000mg

Quand je vous disais qu’un ironman, c’est juste boire et bouffer tout le temps, avec un peu d’activité physique entre les collations!