Je me lance pour mon 1er cr de course, il faut quand même qu’il arrive avant les finishers du mois d’août ! 
C’est à Noël que j’ai décidé de m’inscrire à l’ironman de Nice : joli cadeau pour le 1er semestre 2011. 

J’avais choisi cette destination pour plusieurs raisons : 
- avoir des entrainements clubs jusqu’à la fin de la préparation 
- un parcours vélo avec du relief plutôt que du plat 
- une course avec beaucoup de participants pour ne pas se retrouver tout seul 
- une nage en mer plutôt qu’en eau douce pour mes jambes lestées ! 
- je n’avais pas vraiment intégré la possibilité de devoir courir sous la chaleur … 

La préparation, débutée en février, sur un programme de 20 semaines s’est bien déroulée avec une moyenne hebdomadaire à 13 h et un pic à 17-18 h pendant 3 semaines. La semaine type reprenait les entrainements club natation-cap-natation du mardi au jeudi, vélo vendredi am (merci les ½ rtt à partir d’avril), cap longue samedi et vélo dimanche, le lundi étant consacré à la récup : ht, footing ou rien !!! 
J’ai été surpris de relativement bien récupérer durant cette période grâce probablement à la montée en charge progressive et à quelques siestes flash le we… Le plus dur durant cette préparation n’aura pas été de garder la motivation mais de réussir à jongler entre la famille, le travail et l’entrainement malgré une femme et des enfants très conciliants. J’ai eu quelques doutes sur la fin lorsqu’il fallait réduire la charge d’entrainement. Cette baisse a été bien aidée par une blessure (imaginaire ?) à la cuisse apparue après le tri de Brest et qui a disparu la veille de la course ! 

Départ le vendredi matin en famille pour Nice, c’est un peu l’expédition ! On est obligé de prendre 2 voitures pour aller jusqu’à l’aéroport, c’est que ça prend de la place une valise de transport vélo ! Petite ballade à Nice le vendredi am, j’en profite pour récupérer les dossards. Samedi matin consacré à 1h de vélo et 15 mn à pied après un petit déj en terrasse, il fait déjà très chaud. Samedi après midi, on continue de découvrir Nice tranquillement pour finir la journée avec une dernière ration de pâtes et un coucher vers 22 h30. 
Je m’endors rapidement (pas trop stressé sans doute) jusqu’au réveil à 4h15. Une bonne part de Gatosport et c’est parti, je me rends à pied sur le site de départ (on avait loué un logement à 500 m de la promenade). C’est étonnant et drôle de voir cohabiter à cette heure les fêtards pas encore rentrés et les triathlètes déjà pressés. Petit stress avant le départ, il y a la queue aux toilettes ! J’ai quand même le temps d’y aller et l’émotion monte progressivement, notamment lorsque l’on descend sur la plage. 

Je me place dans le sas des +1h25 (y a pas plus lent …) et j’espère que ce ne sera pas trop rapide pour le dernier de la ligne 5 des dauphins (je tablais sur 1h30/1h45). La musique monte et pan c’est parti pour le grand essorage : et là, rien ! Pas un coup dans la tête, pas une trajectoire coupée, des gens qui nagent à peu près à mon allure (ça aussi c’est nouveau !), tout juste un bonnet qui glisse progressivement. Pas grave, j’avais mis les lunettes dessous (après avoir fini sans lunettes à Brest l’année dernière…). Je récupère mon bonnet que je glisse dans la combi au cas où l’on me réclamerait quelque chose sur la plage et je me relance. Je ne réussis pas vraiment à prendre des pieds mais je nage sans forcer pour un premier tour en 54 mn. Je suis tout content (je pensais au moins 1H) et c’est reparti pour un tour, 1 ou 2 coups de pied quand même et c’est la fin en 1h26 (1966ème sur 2590 au départ, j’en ai jamais eu autant derrière moi après la natation !). C’était l’épreuve que j’appréhendais le plus, maintenant je vais pouvoir profiter sereinement de la journée. Juste le temps de faire un petit coucou à la famille qui s’est levée pour le petit déj (il est 8 h quand même) et c’est parti pour 180 kms. 

Ca démarre fort 35/40 km/h, mais comme je tourne bien les jambes je me dis que je dois avoir le vent dans le dos. Au bout de 20 kms on attaque la côte de la Condamine (500m à 12%), je passe tout à gauche (la chaine et les concurrents !) en danseuse, où le plus dur est de se frayer un passage parmi ces vélos quasiment à l’arrêt ou à pied … On continue ensuite sur une montée plus régulière et assez facile qui me permet de rouler avec le clignotant à gauche en moulinant. A chaque ravitaillement (tous les 20 kms environ), je jette un bidon dans la zone éco, une bouteille d’eau en début de zone pour s’asperger la tête et boire un peu, un gel ou une barre de l’organisation qui ne sont vraiment pas terribles en goût et un bidon tout neuf (alternativement boisson énergétique ou coca) pour la route ! 
Au km 50, on attaque le plat de résistance avec le col de l'Ecre, une montée de 20 kms à 4.5%. Ca démarre assez facilement puis le pourcentage s’accentue à 7% pendant 3kms, je continue à passer en souplesse en 39x23 puis 25 (si, si, Stéphane, c’est ce que tu avais monté !). Comme je réussis à doubler pas mal de monde dans la montée en moulinant et que je ne force pas (j’essaie de ne pas descendre en dessous de 75 cad/mn), je trouve ça plutôt agréable. Une portion un peu plus facile et on repart pour 8kms à 6%, je continue mon petit bonhomme de chemin en doublant encore plus sur la fin car la montée est vraiment longue pour certains qui emmènent des braquets en force… Petit moment de frayeur au ravitaillement ou pour éviter un attroupement à l’arrêt, je me retrouve à déchausser et à glisser avec mes chaussures sur la zone humide… Un bénévole met fin à ma séance de patinage et c’est reparti pour la fin de l’ascension, il est environ 11h et il commence à faire vraiment chaud. 

Partie assez plate ensuite, où je m’applique à m’alimenter très régulièrement et on attaque une belle descente. Je me fais pas mal doubler au début et progressivement, j’essaie de copier les trajectoires (extérieur/intérieur ça marche mieux qu’intérieur/extérieur !). Finalement je prends aussi beaucoup de plaisir dans la descente jusqu’à qu’un scooter encastré avec un vélo vienne me rappeler que pour continuer à en prendre, il est préférable de rester sur la route ! 

De nouvelles côtes me permettent de remettre le clignotant à gauche toujours en gardant en tête de ne pas forcer quitte à adapter le braquet et on attaque ensuite le retour vers Nice (au moins 25 kms de descente plus ou moins continue). La partie plate jusqu’à l’arrivée donnera lieu à une grande partie de chassé-croisé avec les shérifs locaux qui ne nous quitteront pas pendant 20 kms. Ce n’est pas toujours très simple au vu de la densité de concurrents de respecter les règles de drafting mais je réussis à rentrer à l’écurie sans passer par la case prison ! Je boucle le parcours vélo en 6h11 (964ème temps) à 29 kms/h de moyenne (je tablais sur 27 kms/h comme lors de mes sorties seul dans les monts d’arrées…). La transition est moyenne : je me rends compte que je cours avec mes chaussures de vélo même après l’avoir déposé… Je prends le temps de me faire tartiner de crème solaire car ça tape vraiment sévère, il est 14h15 et je vais attaquer le marathon. 

Comme en vélo, je vais essayer de courir à une allure sans forcer afin de pouvoir la tenir le plus longtemps possible. Les jambes n’ont pas l’air en trop mauvais état et c’est parti pour 4 tours de 10.5 kms sur la promenade des Anglais. Au premier ½ tour à l’aéroport, je passe en 27 mn ce qui me satisfait complètement en terme d’allure et je boucle le premier tour en 54 mn. J’avais peur que ce soit un peu monotone mais les ravitaillements tous les 1.7 kms mettent un peu d’animation. J’aurai suivi le même rituel à chaque ravito : passage complet sous la douche (c’est plus de l’arrosage à grandes eaux que de la brumisation !), une petite gorgée d’eau pour commencer, puis alternance boisson énergétique ou coca et verre d’eau pour rincer et le finir sur la tête et tous les 5 kms environ un gel avant un ravito. 

Je vois avec joie ma femme et les enfants sur le bord de la route au début du 2ème tour (je n’avais pas prévu d’être là si tôt…). Je leur dis que tout va bien pour l’instant et c’est reparti pour un tour. Ca commence vraiment à se charger de monde sur le parcours et les zones de ravitaillement sont bien encombrées, mais je n’en saute aucune même si cela me ralentit un peu. Je rattrape Gildas de Landi (mais il a un tour d’avance !) et on se souhaite bon courage pour la suite. Le 2ème tour est bouclé en 56 mn et je me dis que je commence à tenir le bon bout même si tous les dauphins ironmen m’ont prévenu que la course débutait vraiment au 2ème semi. 

Sur la promenade, le spectacle est assez hallucinant. Par endroit, au retour de l’aéroport notamment, j’ai l’impression qu’il y a plus de personnes à marcher qu’à courir (il y aura 500 abandons au total). Le 3ème tour se passe sans encombre particulière et je réussis à maintenir l’allure en le bouclant en 56 mn. Je commence à me dire que j’aurais peut être pu courir un peu plus vite ! Mais dans les 5 derniers kms, mes jambes se durcissent un peu et viennent me conforter dans le fait que je suis parti à la bonne allure… Je revois la famille juste avant l’arrivée et je leur dit que ça y est, je vais finir !!! J’ai quand même un peu ralenti dans le dernier tour en 58 mn pour un marathon couru en 3h45 (264ème temps). Je prends le temps de savourer la dernière ligne droite et je boucle l’épreuve en 11h33 à la 570ème place. 

Je retrouve mes proches après l'arrivée et je récupère un T-shirt de finisher. Le temps de se restaurer un peu, un petit tour aux toilettes (la journée a été longue quand même) et je rentre à l'appartement en vélo harnaché avec mes sacs de transition! Eh là, petit coup de mou, 1/4 h de sieste, une petite douche et on ressort diner tranquillement en ville. Un petit détour sur la promenade pour voir les derniers concurrents en terminer après 16 h de course : chapeau car il ne reste plus grand monde pour les encourager. Le lendemain, j'ai presque plus mal aux coups de soleil qu'aux jambes mais globalement ça va, je ne suis pas trop marqué. On regagne Brest en fin d'Am, ça y est le périple est terminé. 

Je pensais pouvoir boucler l’épreuve en moins de 13h si je n’avais pas de blessure, 12h30 si tout se passait bien et 12 h me semblait inaccessible alors en 11h33, je n’en reviens toujours pas. J’ai vraiment l’impression que cette journée est passée très vite, avec un parcours vélo vraiment magnifique et une ambiance impressionnante sur la promenade. Le bilan de cette expérience est très positif car jamais au cours de la journée je n’ai eu l’impression de vraiment trop souffrir. J’étais simplement content d’être là, d’avoir la chance de pouvoir courir une telle épreuve et d’aller au bout d’un objectif qui m’a bien rempli ce 1er semestre. 

J’ai bien sûr envie d’en refaire un mais dans quelques années (quelques ça commence à 2 !). Cela représente beaucoup de sacrifices pour la famille et je ne veux pas regretter de ne pas passer assez de temps ensemble. Merci encore à eux de m’avoir soutenu au cours de la préparation. Maintenant la saison des apéros et des glaces est bien lancée pour ma part et je penserai aux futurs dauphins finishers lors de leurs épreuves du mois prochain.