honneur au bizut...... 

Avant toutes choses, un grand remerciement pour votre soutien et pour tous vos petits mots d'encouragement  

Voilà 5 ans que je suis au club maintenant et je me disais que cette année c'était l'occasion de tenter un ironman. 
Et voilà qu'Hervé nous propose de participer à l'ironman de Copenhague au mois d'août  .Je trouve l'idée un peu surprenante au début et puis en fin de compte je me rends compte qu'il a peut-être raison: c'est une grande capitale européenne, le climat est similaire au climat breton, je suis souvent en vacances fin août......... 
Je me lance et me voilà inscrit  . 

La préparation démarre très fort : Trail de l'aberwrach, Duathlon longue distance de Gourin, La cyclo TroBro Leon( je suis fort  ) ou encore le duathlon par équipes de Pontivy( car on est allé à vélo jusqu'à là-bas: 140km  ). 

La première partie de la préparation se déroule sans trop de souci pour moi. 

Après ça se complique  . 

Quelques petits soucis personnels, des sorties vélos non effectuées, des scéances d'entrainement CAP "sautées" et le doute s'installe  . 
Heureusement, j'arrive à participer aux sorties les plus importantes comme le fameux "BIG DAY TAINING" concoctée par notre très cher Gourou....... 

Et me voilà arrivé au jour du départ et les questions défilent: les derniers entrainements n'ont pas été fameux et du coup je ne suis pas très serein  . Vais-je réussir à terminer mon ironman  ? Au fond de moi, j'aimerais le finir en moins de 12h  . 

Vendredi 12 août: J-2: départ pour Copenhague. 

Je retrouve Gilles à l'aéroport de Brest pour arriver vers midi à destination.... 
Problème: la météo n'est pas bonne et le vol est décalé  . 
On part à 9h00 de Brest pour une arrivée à environ 18h00 à Copenhague. Ca commence bien....Et c'est pas fini. A Brest, on nous annonce qu'il faut aller jusquà Quimper(en car  ) pour décoller vers Paris. A Quimper, c'est encore pire car quand on veut s'enregistrer pour passer les bagages, les tapis bagages ne fonctionnent pas, résultat, on ne décollera de Quimper que vers 13h15 pour atterissage à Orly à 14h20........Sauf que notre avion pour Copenhague ne décolle pas d'Orly mais de Roissy  . Il nous faut donc prendre un car   pour rejoindre Roissy et on y arrivera vers 15h05 mais malheureusement l'embarquement pour Copenhague est terminée de 10 petites minutes    . 
On nous décalle donc sur le dernier vol de la journée qui quitte Roissy vers 20h pour arriver à Copenhague à 22h30  ....... 
Nous arrivons donc dans "notre appartement" vers minuit  , le temps de remonter les vélos, de manger un morceau et dodo (vers 2h pour moi)...... 
Cette journée fut très éprouvante mais cela nous a permis de rencontrer pas mal de personnes: une mexicaine à la sécurité à Quimper, une hôtesse de l'air canadienne en partance pour New York, une psychanaliste américaine de Plougasnou(qui a offert une scéance gratuite à Gillou pendant le trajet  ), une infirmière brestoise qui voulait nous inviter en Corse  , une serveuse du resto "Hippopotamus" fan de triathlon et le summum, le "ROI" de Roissy, âgé de 70 ans et brestois, qui a voulu nous offrir à chacun 50 euros quand il a su qu'on était breton      . 
Côté négatif, cette aventure nous a fait perdre une demi-journée à Copenhague, le retrait des dossards et la pasta-party  . 

Samedi 13 août: J-1 

Lever assez tot(je dors dans un lit de petite fille    ), petit déj rapide et Gilles et moi, on part pour récupérer les dossards. On en profite pour visiter un peu le centre ville( les danoises sont jolies, grandes, blondes aux yeux bleues et toutes à vélo  et sportives  ). 

Retour à l'appartement pour préparer les fameux sacs de couleur....J4en profite pour demander quelques conseils à Gillou( qui attaque son 4ème ironman  ). 

L'après-midi, nous allons déposer nos vélos et nos sacs, on retrouve Hervé, qui a l'air en pleine forme, et cela nous permet de découvrir le plan d'eau. 
Mauvaise surprise pour moi, mon vélo est parqué dans l'herbe sauf qu'avec la pluie, ce n'est plus de la pelouse mais de la boue  . 
Ca promet pour le lendemain. 
Le temps de boire une petite bière(une calsberg bien sûr) et c'est l'heure d'aller se coucher....Pas le temps de tergiverser, je m'endors sans difficulté vers 22h00  . Tant mieux, je m'attendais à passer une mauvaise nuit..... 

Dimanche 14 août: JOUR J: La course 

Réveil à 4h45. Petit déj avec Gillou qui nous avait préparé du gâteau sport et on quitte l'appart à 5h30 pour rejoindre les autres Dauphins et Cédric avec qui on avait rendez-vous. 
On arrive sur le parc, il fait beau, il n'y a pas de vent, le temps est idéal pour un ironman... 
Le temps de discuter avec les collègues, de passer aux toilettes( c'était la foule  ) faire le caca de la peur, de se changer et c'est à mon tour de partir. 
Je vois que personne dans mon groupe est pressé. Je me mets donc en 1ère ligne comme si j'étais sur un sprint et c'est parti  ......Quelques coups dans la première ligne droite jusqu'à la 1ère bouée et tout se déroule sans problème. Je rattrappe des nageurs partis 10 minutes avant moi et même partis 20 minutes avant. J'arrive aussi à récupérer des nageurs de mon groupe qui souffrent sur la fin de la partie natation. De toute façon, je savais que je n'aurais pas trop souffert en natation et effectivement, ce fut le cas, je sors de l'eau en 1h08 et je me sens bien, je ne suis pas fatigué  ......Ca part bien pour moi.  
La 1ère partie de l'ironman est achevée  . 

Ma transition est beaucoup moins bonne  , je mets pas loin de 10 minutes  pour partir à vélo. Plusieurs raisons à cela quand même: je m'arrête pisser, je me change entièrement et je pars pieds nus afin d'éviter la boue pour récupérer mon vélo....... 

J'attaque enfin le parcours vélo, il est 9h04 sur mon compteur. Le parcours est assez roulant, quelques difficultés dans la 2ème partie( une sorte de petites montagnes russes), une grosse bosse à 20km de la fin( avec de nombreux spectateurs ) et un retour avec vent de face  .... 
Je fais attention pendant les 2 tours à bien m'alimenter, mes sandwichs et de la banane à chaque ravito et tout se passe sans problèmes. 
J'ai même le plaisir et la joie de mettre une petite main aux fesses de Stéphane au 140ème km  et qui est partie 10 minutes avant moi  . Je me dis que je suis bien  . 
J'arrive aussi à rattrapper Cédric, au 160ème km, parti en même temps que Stéphane avec une petite tape sur les fesses  . 
Les 10 derniers kilomètres dans Copenhague commencent à être longs, j'ai hâte de poser le vélo et d'attaquer la CAP. 

Il est environ 14h40 quand j'arrive à la 2ème transition(très moyenne aussi: 5 minutes environ). J'ai mis un peu moins de 5h30  pour parcourir les 180 km avec une moyenne de 34 km/h  . Je suis assez content de moi car je suis dans les temps que je m'étais fixé.... 

La 2ème partie de l'ironman s'achève pour moi  . 

Il est temps d'attaquer ma bête noire  , la CAP et ici un marathon  ..... 

Je pars donc dans l'inconnu total, j'ai 4 tours à effectuer. 
Le 1er se déroule sans trop de souci, c'est vrai que c'est le plus facile car on découvre le parcours, les milliers de spectateurs aglutinés le long de la route, les quelques supporters français et les supportrices  (merci à elles) du club. 
C'est géant,c'est impressionnant  , je n'ai jamais vu ça sur une course  , il ya du monde partout, ça crie, ça hurle, ça chante, on longe des quais, on voit des paquebots énormes, on aperçoit la petite sirène.......... 
Le 2ème tour est plus difficile  pour moi. Je ne vais pas bien du tout, j'ai froid, j'ai des frissons, je n'arrive plus à courir, je n'arrive plus à manger et je sens Stéphane revenir sur moi et à chaque fois que l'on se croise, il n'arrête pas de me chambrer en me disant qu'il va me rattraper  ...... 
Bizarrement, je ne panique pas, je m'arrête aux toilettes vers le 25ème kilomètre pour faire une "grosse commission" et je repars beaucoup mieux. J'arrive de nouveau à m'alimenter et je sens que je vais réussir mon ironman      . 
A chaque ravito, je bois un peu d'eau, un peu de coca et je mange un quartier de pomme et les kilomètres défilent et je me sens de mieux en mieux. Je vois aussi que Stéphane n'est pas bien du tout et qu'il ne me rattrapera plus( 1er objectif atteint  , je finirai devant lui....). Car à moins d'une blessure, je vais finir mon premier ironman  , c'est bizarre mais je le sens, je le sais. 

Par moments, l'émotion vient et je suis aux bords des larmes, pourtant, il reste encore des kilomètres à parcourir........ 

Cédric m'a rattrapé et doublé depuis longtemps, j'ai vu Pascal voler  (bravo à lui),Hervé et Gilles plus dans la souffrance....... 

Finalement les derniers kilomètres arrivent, j'accélère la cadence, je vais finir  , il pleut mais je remets mes lunettes de soleil avant d'approcher de la ligne d'arrivée car j'ai peur de craquer(ce fut une préparation très spéciale et très difficile pour moi tant physiquement que moralement), une dernière photo devant Florence, une énorme pensée pour mes enfants  et je me retrouve dans le "carré" d'arrivée, je me vois sur l'écran géant, je crie ma joie, le speaker annonce mon nom, je vois mon temps(11h17  ) et je m'arrête à 1 mètre de la ligne pour profiter un max....... 

Ca y est  , je l'ai fait  , j'ai le droit à ma médaille et à mon tee-shirt finisher  . Je suis tout fou, je saute partout. 

Je retrouve les autres Dauphins, ils sont sans voix quand ils me voient tout fou, à sauter partout, ça ne durera pas........ 

Le retour à la réalité est difficile, il faut récupérer le vélo, les affaires et rentrer sous la pluie à vélo(4 km environ)  et le plus dur arrive, c'est là que je vais savoir si je suis vraiment un IRONMAN: 

Monter 5 étages sans ascenceur à 22h00 avec un vélo sur l'épaule et 3 sacs remplis d'affaire après avoir effectué une course pareille        . Et je l'ai fait ............. 

Une bonne douche, un demi verre d'eau et un doliprane et surtout qu'on ne me parle plus d'ironman  et je me couche enfin........ 

Les 2 jours suivants ont été un vrai calvaire mais j'ai pu visiter la ville avec Gillou et les autres Dauphins. Ce fut très sympa....... 


Pour résumer et avec le recul: 

j'ai adoré la distance IRONMAN, je pense que j'en referai d'autres, 
je crois que c'était l'idéal de commencer par celui de Copenhague, 
je suis content de ma performance (moins de 12h00), 
j'ai largement battu le Prés  , 
j'ai toujours énormément de progrès à faire en CAP(marathon en un peu moins de 4h30  ), 
la ville de Copenhague est à recommander....... 

Enfin MERCI à tous ceux qui ont cru en moi, à tous ceux qui m'ont aidé et qui ont pensé très fort à moi pendant ce jour si particulier et très important pour moi...... 

Et vivement le prochain