Me voilà de retour de vacances ; oui, oui, nous avons un peu trainé sur la route !!! (4 jours à Amsterdam). 
Jour J : je suis dans le parc, à côté de Gillou, qui fait tout pour me décontenancer, le chacal ! (« tu gonfles tes pneus qu’à 7 bars ? », « moi, je ne prends qu’1 bidon », « t’es sûr que t’as pas pris trop à bouffer ? », etc, etc…) Je ne l’écoute pas, il essaie de me faire peur… Le douanier arrive (il a un peu les pétoches quand même) ; Steph, Pascal (fringué comme un touriste allemand…) et Cédric semblent sereins. Petit chambrage en règle et je me prépare pour le départ. Contrairement aux autres dauphins, je ne suis pas du tout serein : ma préparation a été amputée de plusieurs semaines d’entraînement (maladie + lumbago), j’ai perdu moins de poids que prévu (pourquoi ? c’est étonnant…) et surtout j’ai raté les derniers 15 jours d’entrainement à cause de ma chute. J’ai fait une petite sortie en natation (j’ai mal au poignet), une autre en vélo (je ne peux pas me mettre en danseuse à cause de mon mal de dos) et ai essayé d’en faire une à pied (j’ai arrêté au bout de 10mns à cause du mal de dos…). Bref je ne suis pas au top de ma forme : je ne sais pas comment ça va se passer et ne me fixe qu’un seul objectif : finir ! 
Natation : grosse bousculade les premiers 100 mètres : un mec me tire même sur l’épaule pour passer devant moi (je le rattrape et lui rends la pareille en lançant un « connard !!! »). Plus loin, je reçois une baffe et perds mes lunettes, je les remets 1 fois, 2 fois, 3 fois mais j’ai toujours de l’eau dans un des verres. Je décide de m’arrêter complètement pour bien les remettre et cette fois c’est parti pour de bon. On n’a pas eu le temps de faire le petit pipi de la peur avant de partir et tente plusieurs fois de me « lâcher », sans succès… Belle natation, on voit tout le temps le fond et beaucoup de spectateurs sur les ponts. Je croise le regard émouvant d’une méduse à la fin du parcours et sors de l’eau. Gillou me talonne et file se changer…. dans la tente des filles (quel pervers l’ancien !!!). 
Dans le parc il me chambre sur ma transition de merde (il a raison le bougre !). 
En vélo, je le vois en point de mire mais il va trop vite pour moi et décide de le laisser partir et de gérer ma course. Plus tard, je vois son imper sur la route et je pense : « il n’en rate pas une, le con ! ». 40 1ers kms très rapides mais le retour se fait avec vent dans le nez : je me dis que le 2ème tour va être dur et décide de ralentir en prévision des 40 derniers kms. C’est le cas ! Je tombe à 30km/h de moyenne et n’avance plus. Le moral est atteint : je me demande si je n’ai pas été trop vite en vélo et si je ne vais pas le payer à pieds. Je suis très inquiet. 
Je pars à pieds et ouf ! les jambes répondent bien. Je croise Gillou qui ô surprise ! n’est pas très loin de moi mais comme il est largement meilleur que moi, je ne me fais pas trop d’illusions. Je prends le temps qui nous sépare quand même, pour savoir combien de temps il me prend à chaque tour. Lorsque que je le recroise : c’est étonnant : il perd du temps ! (mais quelle mouche l’a piqué ! Ouarf ! Ouarf ! Ouarf ! Humour…). Je ne me focalise pas là-dessus mais sur ma course, mon alimentation, etc. A chaque fois qu’on se croise, c’est énorme ! Que de l’intox dans le regard (« t’es bien ?, moi ça va, je gère… » ou « je t’ai à l’œil… » ou encore « je te nique »). Je croise Pascal une première fois mais il ne me voit pas tout de suite (il est concentré l’animal !). Au bout du semi, je regarde mon temps et me dit que sub10, c’est possible ! C’est complètement inespéré : je me raccroche à ça pour continuer à courir à la même allure. Je croise le douanier qui a l’air bien puis Steph qui ne me voit pas non plus. Je continue à prendre du temps à Gillou (hé ! hé ! hé !) mais continue à croire que je n’arriverai pas à refaire mon retard. Là où je déchante c’est quand je revois Pascal : il vole sur les pavés et a fière allure ! J’espère juste lui avoir mis assez de temps en natation et à vélo parce que je sais maintenant qu’il est en train de faire un marathon énorme… Je recroise le douanier (il a l’air bien) puis Steph qui me lance que Gillou est cuit et ça me donne des forces supplémentaires !!! Au 4ème tour, j’ai Gillou en point de mire, il reste 5 kms et, pour la première fois, je me dis que je peux le reprendre et décide de lancer mes dernières forces dans la bataille. Plus loin, je le vois en train de cramper (« c’est bon pour moi ça ! »). La petite tape sur les fesses réglementaire et je file vers la ligne d’arrivée heureux d’être en dessous des 10h. J’attends Pascal, le chrono à la main et ce que je redoutais arrive : il m’a battu ! Bravo à lui : il le mérite largement. On va boire un coup mais il y a un truc qui ne passe pas et je vomis 3 fois dans un sac plastique pendant que ce satané Gillou, qui a manifestement décidé de se venger, continue de me parler comme si de rien n’était… 
Conclusions : 
- mon temps : content d’avoir fini un 2ème Ironman et encore sous la barre des 10h. 
- Copenhague : ville sympa et belle organisation (énormément de spectateurs à pieds !) 
- Douanier : bravo le rookie et bienvenue dans le club des ironmen ! 
- Le Prez : bravo pour ta persévérance et d’être allé jusqu’au bout (même si c’est dans la douleur) ! 
- Gillou : merci de m’avoir (inconsciement bien sûr) boosté ! 
- Jésus : que dire ? Marathon énorme ! Félicitations ! (je sens que je n’ai pas fini d’en entendre parler de cette course !!!) 
- Cédric : changez de couleur de maillot ! Je t’ai tout juste entraperçu sur le marathon… Désolé mais je n’ai pas pu t’encourager comme je l’aurais souhaité mon petit « bidou » (c’est son surnom pour ceux qui ne le savaient pas…)