9h44 : I did it !!!

Mark Allen, Dave Scott, Greg Welch, Paula Neuby Fraser, Natacha Badman. Autant de noms qui évoquent la légende du triathlon.

Hawaii – kona – Queen K – Energy Lab. Autant de lieux qui font rêver plus d’un triathlète.

Ces noms là, j’avais eu la chance de les voir de mes yeux en 2008. Ces endroits là, j’avais eu la chance de les fouler en 2008.

Ce fut pour moi la découverte d’un monde incroyable, limite sectaire, parfois d’un monde « m’as tu vu », d’un monde mercantile mais, et il ne faut pas l’oublier, un monde de sportifs : Le monde des Ironmen. Car, malgré le coté parfois  geek des Mdot men and women, il n’en sont pas moins des sportifs. Personne ne peut dire que quelqu’un qui aligne 3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon n’est pas quelque part, un peu sportif.

La semaine du triathlon d’Hawaii représente l’extrême des deux aspects du monde des Ironmen : Une folie pendant une semaine au niveau ambiance, entraînement, dépense en « Mdot Gadgets », soleil, paysage…Mais aussi une course de dingue, où les meilleurs pro de la planète viennent s’affronter sur une course hors norme côtoyés par les Ages Groupes qualifiés sur les divers Ironman de l’année. En 2008, j’ai eu la chance de pouvoir participer, en tant qu’amateur, à cette course et je rêvais d’y retourner un jour.

Voilà pourquoi, il y a déjà plus d’un an, j’ai demandé à Nicolas Hemet s’il voulait bien m’accepter dans son pool d’athlète afin qu’il m’aide à préparer ma course de qualification et en cas de réussite, qu’il m’aide à préparer ma course hawaiienne.

Il a accepté : Merci Nick !!!

Juste un petit aparté pour la course de qualification. Pour ceux qui souhaite un jour aller à Hawaii, mettez toutes les chances de votre coté, notamment dans le choix, très important, de la course. Étudiez bien vos qualités et vos défauts, votre type de parcours préféré (montagneux pour puncheur où tout plat pour rouleur), le nombre de slots dans votre catégorie, le temps du dernier qualifié dans votre catégorie. Cette recherche essentielle permet d’éviter de gaspiller ses chances.

Vu mon profil de coureur, et mon affinité pour son parcours, ma course de qualification fut Lanzarote.

Et me voilà à Kona, Hawaii.

Arrivé huit jours avant la course avec le groupe Triathlon Performance géré cette année par Pierre Mouliérac (Merci Pierre), j’ai passé une semaine géniale à fignoler mon entrainement et à profiter des bonheurs de cette ile fantastique. Accompagné d’une famille d’amis triathlètes qui découvrait pour la première fois le « Monde merveilleux » de Ben Fertic, j’ai pu évacuer tranquillement la pression et me sentir prêt pour le jour J (Merci les Touvron !!!).

Le jour J, je me lève à 4h00, je prends mon petit déjeuner à base de pain, beurre, miel, banane, je me sers un thé, comme d’habituuuude-eux  !!! Mes affaires sont prêtes depuis la veille. Je n’ai pas très bien dormi et je ai regardé « Silent Hill » jusqu’à 23h00.

Arrivé sur site, la grosse organisation Ironman se met en route. Un flot continu d’athlètes défile au marquage. Une belle bénévole me tamponne un gros 865 sur chaque bras et me souhaite une « good race » et un « very good day ». I will try, I will try, lui répondis je dans un anglais quasi fluently qui ferait défaillir d‘exclamation la batterie de profs d’anglais fumisto-alcooliques qui ont parsemé ma scolarité secondaire et post baccalauréate. Bref, elle a l’air d’avoir compris et elle me gratifie d’un sourire complaisant. Je rencontre Nick et Christophe (un autre poulain de l’écurie X-pieriene). Ils ont l’air sereins. Christophe trimbale l’éternel sourire du gars qui profite à fond de l’évènement (j’aime çà moi les épicuriens) et Nick a le regard du mec qui a un plan derrière la tête. Nous nous souhaitons sincèrement de prendre du plaisir et de faire la meilleure course possible.

Je pars vers mon vélo déposé la veille. Il fait nuit. Le rituel d’avant course peut commencer, dans un non moins rituel silence et chuchotement. Comme si le son était proportionnel à la luminosité. J’installe mes gourdes, je gonfle mes boyaux, je pose mon Garmin Edge 500, je pose mes barres dans mon tubebox. Je suis prêt. Il fait déjà bon et je range mes affaires d’après course que je donne aux « volunters » (bénévoles). Ils sont 5000 sur la course à être à nos petits soins et ils sont EX-TRA-OR-DI-NAI-RES !!!

Il est 6h00. Le jour se lève. La journée semble belle. Le vent pas trop fort. Il va faire chaud. Je me pose tranquillement par terre, je discute avec plusieurs copains. Je suis bien. Je me dis que l’objectif fixé est normalement faisable.

Aaahhh !!! L’objectif fixé …

J’ai pour habitude de ne pas me fixer des objectifs trop haut pour ne pas me mettre trop de pression et pas trop bas pour pouvoir quand même faire une vraie course. En 2008, je fais 10H03 à Lanzarote et je m’étais fixé SUB10 à Kona. Résultats, j’ai mis 10h28. J’avais sous estimé la course, la préparation qu’il fallait, la grandeur de l’événement avec ce que cela peut apporter de déconcentration. C’est bien de regarder les pros rouler pendant la course mais il y a un moment, il faut aussi rouler soi même.

Cette année je fais 9h45 à Lanza (comme le vin, je me bonifie en vieillissant. Pour vu que çà dure, mais comme je ne suis pas un cru classé mais plutôt un bordeaux supérieur, je ne suis pas sur d’être un athlète de « garde ») et je me remets moins de 10h00 comme objectif pour Kona. Je suis mieux préparé, j’ai l’expérience d’une première édition et je sais où je peux éviter de perdre du temps. Maintenant, il me faudra en gagner aussi, à la pédale et à pieds. Je ne parle pas de la natation, cela serait faire injure aux bancs entiers de triathlètes bronzés et musclés qui, créant des générations de jaloux chez les poissons, glissent sur l’eau tel le Candéloro des mers, me reléguant à l’état de soldat de plomb apathique et poussif.

Surtout que cette année, j’ai décidé de me la jouer « vintage ». En shorty, sans combinaison, tel le Johnny Weissmuller du triple effort. Bon, je vais éviter le crawl polo et hurlant pour effrayer les gorilles. Quoique, le futur ne me donnera pas totalement tort quant au crawl polo. De toutes les façons, pas question de m’acheter  une combi à 300$ pour gagner 2 hypothétiques minutes.

Il est l’heure de se rapprocher des marches les plus mythiques du monde, juste après celles de Cannes et celles d’Apollo 11 : Les marches du Pier de kailua-kona. Pour nous, triathlètes boursoufflés de suffisance, ce sont les marches qui mènent au Saint Grall. Pour tous les autres, ce sont des marches… A la limite, qui mènent à une plage minable (y’a même pas de plage, en fait) dans un endroit quelconque du Pacifique.

Mais à ce moment c’est le centre de mon monde et l’hymne américain chanté a capela pour un hawaiien en costume local (un pagne et une couronne de fleurs sur la tête) me donne la chair de poule. 6h30. Le coup de canon libère les pros. L’histoire est en marche. Comme le reste des Age Groups, je descends les Marches pour me retrouver les pieds dans l’eau. Le départ ayant lieu 100 m plus loin, j’attends un peu avant de me rendre sur la ligne. Pas la peine de faire 20 minutes de retro pédalage. Les 7h00 approchent. Je me mets à l’eau. La pression monte un peu. Je me mets plutôt à gauche. Je nage pour m’échauffer un peu. L’eau est chaude, claire, bleue. Les poissons multicolores nous regardent en se marrant : c’est quoi ces créatures qui déshonorent le métier  en nageant  en surface …n’importe quoi, really the loose, shame on you !!! (ce sont des poissons américains quand même). Welcome to kona !!! Are you ready ??? speake Mike the Voice of Ironman. Oui Mike, je suis ready. See you in ten hours.

PAN !!!

 

Le coup de canon libère le banc de nageuses et nageurs. Et c’est quelque chose. Le problème des courses à qualification, c’est que le niveau est obligatoirement plus serré. Et comme je suis moyen en natation, je suis dans le ventre mou du peloton, qui se déplace à ma vitesse. Ce n’est pas vraiment que çà bastonne dur. C’est plutôt que je n’ai pas la place pour nager. J’essaie de prendre des pieds mais il y a trop de bulle et je ne vois pas grand-chose.  Pas de panique. Déjà, le sel de l’océan Pacifique joue son rôle de combinaison et je suis suffisamment porté pour ne pas trop user de mon capital flottabilité. Je lève la tête très souvent (Johnny  Weissmuler) pour, soit essayer de trouver de la place, soit repérer la bouée suivante ou, à défaut, le voilier du demi tour. Je n’arrive pas à rendre de « vitesse » et je me retrouve au voilier en 33’. Misère, ce n’est pas aujourd’hui que je vais faire une grosse natation. Essayons déjà de limiter les dégâts. Pour le retour, j’essaie de prendre le sillage d’un poisson pilote. Je n’y arrive que trop peu souvent et le verdict est là en sortant de l’eau : 1h09. Ma plus mauvaise nage de toute mon histoire triathlètique. Pour autant, cela n’affecte pas du tout mon mental. Si je fais une bonne transition, je peux un peu rattraper ce retard sur mon plan de marche. Alors je m’applique mais comme j’ai nagé en maillot, il faut que je mette cardio, singlet, manchons de compression…bref je fais une transition correcte mais sans plus. Allez, je cours chercher mon vélo et je sors du parc. Je regarde mon chrono..1h10 !!! Mer.., il s’est arrêté. Je vérifie / à l’heure de départ : OK, il faut que je rajoute 4’. Pas de panique…PAS DE PANIQUE !!!!!!

C’est un départ assez moyen mais rien n’est perdu. J’appuie sur les pédales dès le début. La petite boucle en ville est sympa mais çà circule quand même pas mal. Je roule à gauche pour doubler en permanence. Il fait déjà assez chaud  et j’aime çà. Dans Palani Rd nous sommes encouragés par beaucoup de monde. Il y a un petit coté Solarberg en moins serré. Sur la Queen K. la circulation est dense. Dans l’ensemble je trouve que çà ne drafte pas trop. Attention, tout n’est pas parfait et les 7m n’y sont pas toujours mais presque tout le monde essaie de faire sa place est essayant d’à peu près respecter les règles. La peur du carton y est certainement pour quelque chose. Pour moi, le calcul est simple, il faut que je gagne 30’ / 2008 entre Vélo + T2 + Càp pour être SUB10.  J’essaie donc de garder une bonne allure.  Mais pour cela, il faut bien se ravitailler. Je ralentis donc  pour prendre un morceau de banane au premier ravito et crac…je le rate. J’ai de quoi manger ce n’est pas grave. Au ravito suivant, je change un bidon et zut…encore raté mon morceau de banane. T’es stupide ou quoi Arnaud !!!??? Deux ralentissements extrêmes pour rien. J’ai l’impression que nous avons un très léger vent de face mais rien de vraiment gênant. Le parcours est sympa, un peu désertique mais personnellement, je ne m’ennuie pas. Des grandes lignes droites avec des grands faux plats montants et descendants. Çà roule très vite mais dans l’ensemble, je remonte beaucoup plus que je ne me fais doubler. Mais je n’ai aucun repère de temps avant le demi tour d’Hawi où j’étais passé en 4h00.  Enfin, j’arrive au  carrefour du Hilton. Depuis plusieurs ravitaillement, j’ai réglé mon problème de coordination « bénévole /  banane / moi » et donc je mange des bananes à chaque ravito. Çà doit être mon coté tarzan qui ressort. La route est un peu plus vallonné. Je me sens bien, les jambes suivent mais j’en garde un peu sous la pédale pour gérer : 1 – La montée d’hawi avec le vent de face pour finir, 2 – le retour avec , la chaleur, le vent de face, la fatigue, la lassitude, l’écœurement des boissons énergétiques…Misère, encore tout çà. Gérons donc les problèmes dans l’ordre. Et le premier d’entre est la montée d’Hawi. Le début est assez facile, le vent nous pousse, les pourcentages sont faibles, la moyenne reste acceptable. Et puis le spectacle est génial. Je ne parle pas du physique avantageux des triathlètes du sexe dit « faible » que je ne veux surtout pas doubler. Oui Monsieur l’arbitre, je respecte les 7m. Nooon !!!! Monsieur l’arbitre, je ne veux surtout pas doubler. Elle a un trop beau ….bord de fuite, et sa trainée…elle n’est pas belle sa trainée !!! Sans parler de son Cx . Arghhh !!! Bon, je m’égare !!! Je parle du spectacle des Pros qui descendent pleine balle. Un groupe de 5 devant mais çà va trop vite pour que je vois qui est là et cette année, justement, j’ai décidé de ne pas trop regarder la course pour faire la mienne. A propos de course, le vent commence à souffler très fort, d’abord de coté, puis comme nous tournons, nous l’avons pleine face. Et comme çà monte de plus en plus, il est temps de remettre le petit plateau. Un groupe de trois revient d’un coup à ma portée et reste là un peu trop longtemps car un arbitre passe par là et crie « number XXX, XXX, XXX you get a red carton for drafting » YEEES !!! Bien fait pour eux. Le vent est fort, je relance en danseuse ce qui me permet de me décontracter les jambes. Puis le demi tour arrive. Je regarde ma montre. Cool, j’ai gagné 7’ sur mon temps de passage 2008. J’ai donc récupérer ma mauvaise natation et repris du temps en vélo. Mais je sais que c’est sur la deuxième partie que j’avais un peu galéré.  Je gagne encore un peu de temps en ne prenant pas de ravito perso et j’attaque la descente. Çà roule vite mais le vent n’est pas trop en rafale et je peux tenir facilement la position aéro dans la descente. La fin d’Hawi marque le début d’une partie assez difficile jusqu’à l’aéroport. Pas mal de montées sous une température qui est au plus haut, avec du vent de face. Les ravitaillements sont très nombreux et je prends une bouteille d’eau froide à chaque fois pour m’asperger et me refroidir (en évitant le ventre), prendre une bouteille de boisson énergétique, une banane. Ce train-train me ralentit certainement un peu mais avec cette chaleur, une cartouche est vite arrivée, alors je mange et je bois. Enfin, me voilà au niveau de l’aéroport. Je comate à moitié sur mon vélo quand je vois un truc orange passer  et j’entends une seconde plus tard : « Allez Arnaud ». Put…C’est Christophe qui vient de passer le mur du son. Il m’a déposé mais surtout il m’a donné le petit coup de fouet dont j’avais besoin faire ces dix derniers kilomètres à une allure respectable. Je relance, je reviens sur lui, je le double dans un faux plat, il me repasse sur le plat. Il est vraiment bien posé sur son vélo. Il a fière allure et il est impressionnant. Finalement il me lâche mais ce n’est pas grave, la fin du vélo est proche. Voilà, les derniers virages et fin du vélo. 5h03. 20’ de mieux qu’en 2008. L’objectif est encore dans les clous.

Mes premiers pas dans l'aire de transition ressemblent plus à ceux d'un éléphant bien chargé qu'à un danseur du Bolchoï. Mais où sont passées mes bonnes sensations de Lanzarote à la pose du vélo?

Heureusement nous sommes obligés de faire le tour du parc avant d'atteindre la tente où un bénévole me tend mon sac de càp. Je transite assez rapidement et je pars pour le marathon en "lapant" mon chrono. La première partie se passe sur Alii drive. Ma foulée n'est pas très aérienne et il fait chaud. D'après mes calculs, si je fais le marathon en 3h35 soit un peu moins de 12 km/h ou 5'/kil, je tiens mon SUB10. Mon premier kil est en 4'35 et le deuxième sur le même rythme. Je ne suis pas très bien mais je tiens ce rythme sans avoir trop à m'employer. Cette petite marge m'incite à prendre un peu plus de temps aux nombreux ravitaillements pour boire de la boisson énergétique (je ne prends que ça) et me rafraîchir à grand coups d'éponges et de glace. Les spectateurs sont vraiment incroyables et nous encouragent tout au long du parcours sur Alii drive. Je croise les premières féminines dont Crissie Wellington qui n'est pas en tête et qui ne semble pas à la fête. Cette partie est loin d'être plate et j'applique la même tactique qu'à Lanzarote en me rappelant un conseil de Nick : petites foulées rasantes dans les montées et relance dans les descentes pour assurer le chrono. Je croise Nick qui m'encourage et qui me dit que je suis  dans les clous pour l'objectif et qu'il ne faut rien lâcher. Je le sais mais un marathon c'est long et le kilométrage affiché en miles ne défile pas vite. Heureusement mon Garmin me donne mon temps à chaque kilomètre et je peux donc contrôler mon allure. Vers le 5ème kil je commence à retrouver des sensations correctes. J'ai réussi à me refroidir un peu. Je n'essaie pas d'accélérer mais juste de conserver le rythme. Peu avant le demi tour, j'ai Christophe en ligne de mire. Il va moins vite, je sais que je le reprendrai bientôt. Le retour d'Alii drive se passe assez bien sous les « Good Job » et les « you look good » qui font toujours du bien. Je passe Christophe, une petite tape sur les fesses. Nous nous encourageons.

Grande chance, mon estomac ne me lâche pas malgré ce que je lui fais subir. Il me reste encore 24 kils pour finir cette course. Au niveau de la remontée de Palani road, Pete Jacobs termine sa course en deuxième position, suivi d'Andreas Raelert. Je remonte difficilement Palani road et je me retrouve sur la Queen K. Cette partie jusqu'à Energy Lab. est pour moi la plus difficile. La route est un peu monotone, face au vent et souvent en faux plat montant. Heureusement les ravitos sont nombreux et ils rythment La route. Je suis bien mieux qu'en 2008 où c'est là, sur cette partie, que j'avais calé. Mais là, je ne cale pas. Je n'avionne pas non plus mais je ne cale pas. Je croise Crissie Wellington qui à repris le commandement de la course. Je croise Nick qui est déjà sur le retour final. Je sais qu'il est en train de faire une grosse perf : c'est vraiment super. Enfin, je vois les panneaux solaires qui annoncent l'entrée d'Energy Lab. Le soleil est légèrement voilé ce qui évite une trop grosse montée de la température. Les grosses enceintes crachent du AC/DC. L'ambiance est terrible. Je lâche les chevaux dans la descente d'E.L. pour gagner du temps sur la remontée. Car j'ai refait mes calculs.  A force de gratter des secondes sur chaque kilomètre, j'ai un petit matelas de minutes qui fait que, si je ne mollis pas, je peux terminer en 9h45. Il me faut juste, au minimum, tenir à 5'/kil. C'est largement faisable et je me le proclame fermement et officiellement, c'est mon nouvel objectif !!

Cette vitesse à tenir me permet ralentir pour bien gérer chaque ravitaillement, encouragé par de nombreux volontaires. Quand c'est dur, en faux plat montant, je me reconcentre sur la technique. Ça sent l'écurie, les jambes font moins mal et les miles défilent plus vite. Enfin, Palani Road est en vue. Il ne reste que deux kilomètres. J'arrive seul sur le final d'Alii drive. Je suis super content. Je sais que j'ai rempli tous mes objectifs, même le dernier. Je vois l'arche d'arrivée, je la franchis en entendant la voie de «Mike the voice» : You are an Ironman !! 9h44, C'est génial !!

Deux bénévoles m'accompagnent jusqu'au ravitaillement, en veillant sur moi, avec un grand sourire. La communion est parfaite. Je savoure ce moment, je me baigne dans le pacifique pour me délasser. Je resterai jusqu'à minuit pour assister à l'arrivée des derniers, dans une ambiance de folie.

Voila, c'est fait mon septième Ironman termine une saison bien riche malgré un nombre de courses assez restreint. Maintenant c'est récup et hamburger / bière.

Merci à Nick pour son super coaching cette année (j'y reviendrai dans un très prochain post). Merci à ma famille qui supporte mes absences répétées (l'année prochaine c'est la votre). Merci aux Touvron qui m'ont accompagné à Hawaii (je pense qu'ils n'ont pas regretté). Merci à Pierre Mouliérac pour l'organisation du séjour.

ALOHA !!!